Le coeur à découvert

J’avance en roue libre depuis 7 mois, le cœur à découvert. Comme si l’on m’avait ouvert la cage thoracique sans jamais la refermer. Mon cœur est à l’air libre constamment. Il attrape chaque petite infection, du simple rhume à la sale grippe qui te cloues au lit pendant 2 semaines. Le moindre coup de vent le ferai presque sortir de mon corps. J’ai tenté de recoudre la plaie mais les points ont sauté, elle refuse de cicatriser.

Je me suis dit que je n’avais qu’à éviter les dangers, ne plus penser à toi et rester loin des hommes. Essayer de glacer cet organe. Encore une fois c’est un échec. Mon cœur est si faible qu’il peine à se protéger.

Il y a quelques temps je ne percevais plus ses battements, comme s’il était devenu tellement fort que plus rien ne pouvait l’atteindre. En attendant enseveli sous son bloc de béton tu m’étonnes que je ne l’entendais pas, on ne discutait plus tant que ça tous les deux.

Aujourd’hui on réapprend à vivre ensemble bien que j’ai toujours du mal à le regarder droit dans les yeux. On se fait souvent la gueule mais j’ai ce sentiment de devoir le protéger, de lui créer un cocon pour qu’il puisse se réparer. Je lui ai promis qu’on irait mieux quand le printemps pointera le bout de son nez.

On passe nos nuits tous les deux, à regarder le plafond en se demandant comment faire pour aller mieux. À croire qu’on essaie de monter un plan : Comment avoir l’air moins vulnérables ? On n’a pas trouvé de tutos sur Youtube. Faire semblant n’est pas une option on a perdu tout talent d’acting. Alors on arbore un de ces autocollants rouge « Fragile, manipuler avec précaution » comme si on était de la vaisselle en porcelaine dans des cartons de déménagement. On prévient chaque personne qui croise notre chemin de faire attention à nous. On tombe amoureux au moindre sourire et on se brise comme du cristal quand nous dit stop.

Je sais que l’on a besoin de repos, seulement dans notre sommeil on fait sans cesse ce rêve qui m’explose le cœur. Il lui faut quelques heures pour s’en remettre à chaque réveil avant de réussir à se rendormir d’épuisement. Dormir est douloureux, mais rester éveillés nous ennuie.

On s’écarte des interactions humaines pour ne pas être déçus, de toute façon on n’arrive plus à tenir une discussion. On s’empêche de quitter l’appartement pour ne pas prendre froid. On s’enferme. On se referme. On a constamment peur. On voudrait pouvoir pleurer, sortir toutes ces maladies en nous pour parvenir à cicatriser.  Mais pour l’instant on va juste passer l’hiver près du chauffage avec un bon thé. Peut-être qu’avec le temps on va triompher à nouveau. Redevenir ce cœur ardent et fort.

Je regarde mon cœur battre. Ça en devient presque beau, un cœur à découvert.

Aujourd’hui ça fait 7 mois que tu es parti et tu nous as laissé brisés mon cœur et moi.

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Rempli cette case pour prouver que tu n'es pas un robot *